Après 28 ans d’absence, l’Autriche a dû souffrir pour rentrer dans son Mondial
Vingt-huit ans d’attente, puis un retour qui a vite tourné au combat. Dans le groupe J de la Coupe du monde 2026, la sélection de Ralf Rangnick s’est imposée face à la Jordanie. Mais rien n’a été simple.
La reprise n’a pas été maîtrisée et le match a longtemps échappé aux certitudes.
Le plus parlant, ici, est la manière. Pour son retour dans un Mondial après 28 ans d’absence, l’Autriche a dû souffrir jusqu’au bout. En face, la Jordanie est restée debout presque tout le match.
Schmid lance le retour, puis tout se complique
Schmid a débloqué le compteur de ce match, et ce but avait tout du signal attendu. Après une si longue absence sur la scène mondiale, la soirée pouvait vite se décanter. Avec un groupe libéré par l’ouverture du score.
Ce ne fut pas ce scénario-là.
La Jordanie a répondu par Olwan, avec l’aide du poteau. Sur ce genre de match, l’égalisation change tout dans les têtes : le favori joue alors pour gagner et pour ne pas rater son retour. Et dans un Mondial à 48 équipes, réparties en 12 groupes de 4, chaque entame pèse déjà lourd.
Ce détail-là compte vraiment sur un tournoi long, disputé du 11 juin 2026 au 19 juillet 2026. Vingt-huit ans d’absence ne s’effacent pas avec une seule bonne séquence. Il faut d’abord supporter la nervosité qui va avec.
Le but refusé à Arnautovic a rappelé une vérité sèche
Arnautovic a cru redonner l’avantage aux siens, puis la VAR a annulé son but pour une main de Posch. Le retour dans un Mondial ne protège de rien. L’équipe pense avoir repris la main, puis tout repart à zéro sur une intervention vidéo.
La sélection européenne n’a jamais pu dérouler. Elle n’a jamais pu installer cette autorité tranquille qu’on associe souvent aux équipes de ce calibre à l’entrée d’un tournoi. En face, la Jordanie a imposé de la résistance, de l’inconfort, et cette impression constante que rien ne serait donné.
Il faut aussi regarder le match par ce prisme-là. La phase finale se joue ensuite à 32 équipes, en élimination directe, mais avant cela il faut sortir du groupe. Une suite crédible ne se bâtit pas si ce genre de rendez-vous file au moment d’entrer dans la compétition.
Le corner de Sabitzer, puis la main qui a fini par faire basculer le match
Le tournant est venu d’un corner de Sabitzer, avec une déviation d’Arab dans ses propres cages. Ce but vient d’une équipe qui insiste, qui force un peu le sort, et qui finit par récupérer un avantage dans une zone de vérité. La rencontre a alors glissé du jeu vers la survie.
Ensuite, un pénalty a été accordé pour une main. Arnautovic l’a transformé, et ce geste a apporté bien plus qu’un but : il a remis un peu d’air à une équipe qui en manquait. Dans un retour aussi attendu, convertir ce ballon-là change le climat d’un match entier.
Sabitzer , averti pendant la rencontre, résume d’ailleurs assez bien la tension de la soirée. Le milieu n’a pas traversé une partie confortable, et l’avertissement rappelle que ce succès s’est construit dans le frottement, pas dans le contrôle.
Pourquoi cette victoire ne ressemble pas à un simple match d’ouverture ?
Elle raconte déjà deux choses. D’abord, la difficulté de revenir dans une Coupe du monde après une si longue coupure. Ensuite, la capacité à rester vivant quand le match s’abîme un peu.
Gagner sans briller reste une qualité très concrète dans un tournoi pareil.
La Jordanie, elle, a obligé son adversaire à montrer autre chose que son pedigree. Cette équipe a égalisé, a tenu, et a imposé un vrai bras de fer. Le mot juste, ici, reste celui de la douleur.
Dix minutes de plus : le retour autrichien s’est terminé sous pression
La seconde période a eu droit à dix minutes ajoutées. Ce n’est jamais anodin dans un match déjà aussi heurté. Le match est alors entré dans un autre football, plus nerveux, plus sale parfois.
Là, chaque dégagement, chaque arrêt, chaque duel vaut davantage qu’en première heure.
Le gardien jordanien Abulaila fait partie de ce décor-là. Son nom ressort dans un match où la sélection jordanienne a refusé de s’écrouler, même après avoir couru derrière le score. Cette résistance donne encore plus de relief à la soirée du vainqueur : il est revenu au Mondial, oui.
Mais il a dû aller chercher ce premier pas avec les mains sales.
Au classement, ce succès permet aux Autrichiens de rejoindre l’Argentine en tête du groupe J. C’est une bonne nouvelle, forcément, mais elle ne raconte qu’une moitié de l’histoire. L’autre moitié est là : ce retour attendu depuis vingt-huit ans a commencé dans l’inconfort.
Avec un but refusé, une égalisation encaissée, un corner dévié, un pénalty, et un long temps additionnel pour finir. Pour une équipe qui retrouvait la Coupe du monde, c’était tout sauf une formalité.