Du communiqué retiré au nouveau coach, les 48 heures folles de la Tunisie

Du communiqué retiré au nouveau coach, les 48 heures folles de la Tunisie

5-1 à Monterrey, un sélectionneur remercié, un intérimaire annoncé puis effacé, et un nouveau patron déjà attendu au camp de base: la Tunisie a traversé en très peu de temps une séquence rare à ce niveau. La claque contre la Suède, dans le groupe F de la Coupe du monde 2026, a coûté bien plus qu’un match.

Elle a fait sauter toute la chaîne de décision. Et dans ce genre de tournoi, c’est loin d’être un détail: quand le banc bouge entre deux rencontres, tout le groupe doit se réadapter d’un coup.

À Monterrey, le 5-1 a tout emporté sauf le but d’Omar Rekik

La Tunisie a perdu 5-1 contre la Suède lors de la première journée du Mondial 2026. Le match s’est joué à Monterrey. Dans un groupe F, une telle entrée met tout de suite sous pression.

Dans ce score très lourd, il reste un fait isolé: Omar Rekik a marqué le seul but tunisien. Mais l’histoire du soir ne s’est pas arrêtée à ce but sauveur pour l’honneur. Elle a basculé sur le banc, presque immédiatement.

Quand vous prenez cinq buts pour ouvrir une Coupe du monde, la défaite ne suffit plus à résumer la situation. La réaction du pouvoir sportif devient centrale, et elle a été brutale.

Sabri Lamouchi a payé la Suède, après une nomination en janvier

Après ce 5-1 , Sabri Lamouchi a été démis de ses fonctions de sélectionneur. La fédération a confirmé son éviction à la télévision publique. Cela a fermé très vite la parenthèse ouverte en janvier dernier, quand il avait été nommé pour succéder à Sami Trabelsi.

La cassure est nette. Un coach installé depuis quelques mois seulement saute dès la première journée du tournoi.

Le bilan récent pesait déjà. La CAN 2025 s’était terminée par une élimination en 8es de finale contre le Mali, et le Mondial n’a rien corrigé, bien au contraire. Un 5-1 en ouverture, dans ce contexte, condamne presque toujours le sélectionneur.

Là, la fédération n’a même pas attendu davantage.

Lamouchi, 54 ans, né à Lyon au sein d’une famille d’origine tunisienne, restait une figure particulière pour cette sélection. Son parcours avec l’équipe de France, 12 sélections et 1 but, donnait à sa nomination une résonance à part. Mais dans une Coupe du monde, ce passé compte peu.

Le présent a explosé dès le premier match.

Le communiqué retiré sur Mondher Kebaier a raconté le désordre

C’est là que ces 48 heures deviennent vraiment folles. Dans les heures qui ont suivi l’éviction, la fédération a publié un communiqué annonçant Mondher Kebaier comme intérimaire.

Puis ce communiqué a été retiré. Et ce retrait, à lui seul, en dit long.

La séquence raconte déjà beaucoup: une défaite lourde, un sélectionneur limogé, une solution provisoire rendue publique, puis effacée. Dans un tournoi court, ce type d’aller-retour abîme la lisibilité de la décision.

Le football de sélection supporte mal les hésitations. Surtout entre deux matches. Annoncer un intérim puis le retirer expose le groupe à une question simple: qui commande vraiment ?

Et depuis quand ?

Pourquoi ce retrait a pesé autant ?

Parce qu’un Mondial ne laisse presque aucun temps mort. Vous n’avez pas plusieurs semaines pour digérer une défaite, rebâtir un discours et clarifier la hiérarchie. Vous avez une fenêtre minuscule, et chaque message public compte double.

Ici, le retrait du communiqué a transformé une crise sportive en crise de pilotage. Même sans ajouter une seule rumeur, le fait brut suffit.

Hervé Renard avant le Japon: un choix tranché, pas une transition douce

La fédération a finalement choisi Hervé Renard avant le deuxième match de la Tunisie dans ce Mondial 2026. Il remplace Lamouchi à la tête de la sélection, avec une logique très claire. Refermer l’imbroglio avant d’avancer vers la suite.

Le calendrier ne laissait de toute façon aucune place au flottement. La Tunisie devait ensuite affronter le Japon à Guadalupe , au Mexique. Puis les Pays-Bas dans la nuit du 25 au 26 juin à Kansas City, aux États-Unis.

Le choix est dur, mais il est cohérent avec l’urgence créée par le 5-1. Un intérim de façade n’aurait rien réglé si la fédération avait déjà une autre idée en tête. Elle a donc coupé court, puis installé un nouveau visage avant le match suivant.

La méthode peut sembler abrupte. Le constat reste simple: entre la Suède et le Japon, la Tunisie a changé d’entraîneur et de cap affiché.

Libre depuis avril, Renard arrivait sans délai d’attente

Le nouveau sélectionneur était libre depuis son départ de la sélection d’Arabie saoudite en avril dernier. Ce point compte beaucoup. Il enlève un obstacle immédiat: la fédération n’avait pas à attendre une sortie de contrat ou une négociation visible sur plusieurs semaines.

Cela explique la rapidité du virage. Et dans le feu d’une compétition, la disponibilité immédiate d’un coach change tout au niveau du tempo décisionnel.

Moez Nasri , présenté comme président de la FTF, a confirmé que Renard rejoignait le camp de base à Monterrey dès le lendemain. Il devait ensuite prendre officiellement les commandes de l’équipe et diriger l’entraînement immédiatement.

Pour les joueurs, le message est limpide: pas de sas, pas de phase d’observation, pas de transition molle. Le nouveau staf entre directement dans la préparation du match suivant.

Qu’est-ce que cela change pour le groupe ?

D’abord, le discours. Après une défaite comme celle de la Suède, le groupe n’a pas besoin d’un rappel théorique. Il a besoin d’une ligne claire.

Ensuite, la hiérarchie peut être rebattue très vite, même sans révolution totale. Enfin, le simple fait qu’un entraîneur dirige l’entraînement immédiatement remet une autorité visible au centre.

Sur ce cas précis, publier un intérim puis le retirer est une faute de pilotage. Nommer ensuite un coach libre avant le match suivant est la correction la plus directe possible.

Du 5-1 au nouveau banc, la Tunisie a choisi la rupture totale

Cette histoire ne se résume donc pas à un changement de nom sur la feuille officielle. Elle raconte une fédération qui a d’abord tangué, puis tranché. Et elle raconte aussi la violence d’une Coupe du monde: un match peut suffire.

Il peut effacer une nomination de janvier.

Le communiqué retiré restera presque aussi parlant que la nomination finale. Il montre le moment de flottement. Puis l’arrivée de Renard à Monterrey marque la reprise en main.

Et la prise de séance annoncée dans la foulée.

Pour la Tunisie, la suite s’est donc jouée sur un fil très court: la gifle contre la Suède, l’éviction de Lamouchi, l’ombre de Mondher Kebaier, puis le choix final. Dans un Mondial, deux jours peuvent paraître minuscules. Là, ils ont suffi à renverser tout un banc.