La Tunisie s'effondre contre la Suède : les Aigles de Carthage perdent tout en un match

La Tunisie s'effondre contre la Suède : les Aigles de Carthage perdent tout en un match

Monterrey, 23h15 : le bus est reparti, les Aigles sont restés au sol

Le coup de sifflet a retenti dans un stade qui sentait l’été mexicain. Yasin Ayari avait déjà marqué. Il allait remarquer encore, plus tard, quand plus personne ne croyait à la résistance tunisienne.

Moi, ce qui m’a frappé, c’est le silence du banc adverse à la 73e minute. Pas de consigne, pas de mouvement. Juste l’assistant qui s’est levé pour aller parler à Wahbi Khazri.

Comme si la défaite avait déjà été digérée avant d’être consommée.

5, 1. Le score final de cette Suède-Tunisie, nuit du 14 au 15 juin 2026, à l’Estadio BBVA. Première journée du groupe F.

Vous le voyez bien, ce chiffre, il ne ressemble à rien d’autre qu’à une humiliation.

Pourquoi le 5e but a tout dit, même ce que le 1er n’avait pas révélé

Ayari a ouvert le score rapidement. Rapide, c’est le mot. Trop rapide pour que la Tunisie trouve ses repères.

Le même Ayari, dans le temps additionnel, six minutes, l’arbitre en a ajouté autant que toute une première mi-temps supplémentaire, a porté le score à 5, 1. Un doublé pour un milieu de terrain suédois. Vous imaginez la complexité de ce geste, les mains levées vers un banc qui n’a pas été le sien.

Entre les deux buts d’Ayari, il y a eu Alexander Isak, Viktor Gyökeres, et Mattias Svanberg. Ce dernier but a traîné en longueur : refusé pour hors-jeu, puis validé par la VAR après déviation d’Isak. Dans un match qui en a déjà vu trop.

Le gardien tunisien n’a pas bronché. Nordfeldt, de l’autre côté, n’a pas eu grand-chose à faire.

Seul Rekik a trouvé l’ouverture pour la Tunisie. Un but de consolation qui ne console personne quand l’écart atteint ce niveau.

Le banc tunisien a parlé avant le score

Khedira a pris le premier carton jaune du match. Il est sorti peu après, remplacé par Gharbi. Ben Slimane a suivi, Chaouat est entré.

Plus tard, Skhiri, Saad et Valery ont cédé leur place à Achouri, Tounekti et Belhadj. Six changements, dispersés dans le temps, comme si l’entraîneur cherchait une solution sans savoir laquelle. La Suède, elle, a procédé plus méthodiquement : Isak et Bernhardsson ont laissé leur place à Elanga et Svensson ; Karlström à Svanberg ; Gudmundsson et Nygren à Stroud et Bergvall.

Gudmundsson s’est blessé, a demandé lui-même le changement. Une image rare, celle d’un joueur qui abandonne le terrain sans attendre le médecin.

L’arbitre est allé jusqu’au banc tunisien pour rappeler à l’ordre. Ce détail, vous l’avez peut-être manqué dans le déferlement de buts. Il dit pourtant quelque chose de l’état d’esprit : la tension n’a pas été canalisée vers le terrain, elle a débordé sur les remplaçants.

Le groupe F, déjà, ressemble à un piège

Le classement après ce match est sans appel. La Suède mène avec 3 points. Les Pays-Bas et le Japon, qui se sont quittés sur un nul 2, 2, partagent la deuxième place avec 1 point chacun.

La Tunisie ferme la marche, à 0. Vous voyez l’étau qui se resserre : le prochain match de la Suède, c’est contre les Pays-Bas. Pour les Aigles de Carthage, c’est le Japon qui les attend.

Deux rencontres qui auront lieu avec cette défaite dans les jambes, cette sensation d’avoir été pris de vitesse avant d’avoir pu déployer leurs ailes.

Quatre minutes de temps additionnel en première mi-temps, six en fin de match. L’arbitre a senti que le jeu ne tenait pas debout seul, qu’il fallait du temps pour compenser ce qui manquait d’équilibre. Ce n’est pas le temps additionnel qui a tué la Tunisie.

C’est la première minute, celle où Ayari a marqué si tôt que le match n’avait pas encore de structure.

Mon avis ? Ce 5, 1 masque un problème plus vieux que ce match

Je ne crois pas à l’accident. Pas quand l’écart atteint ce niveau, pas quand le banc s’agite sans effet, pas quand l’arbitre doit aller rappeler l’ordre à des professionnels censés gérer leur stress. La Tunisie a perdu contre elle-même avant de perdre contre la Suède.

Le 5e but d’Ayari, dans le temps additionnel, n’était pas un coup de grâce. C’était une constatation.

La Suède a marqué à cinq reprises. Cette dispersion dit la profondeur d’un collectif. La Tunisie n’a pas eu cette profondeur.

Elle a eu Rekik, un but, et des changements qui ressemblaient à des tentatives.

Le groupe F n’est pas perdu pour les Aigles. Mathématiquement, deux matchs restent. Mais psychologiquement, cette défaite laisse des traces que le prochain entraînement n’effacera pas.

Vous le savez comme moi : certaines équipes se reconstruisent après une rouste, d’autres s’y enlisent. Le Japon, prochain adversaire, a montré de la résilience contre les Pays-Bas. Ce n’est pas une promesse de victoire, c’est une menace de comparaison.

Monterrey restera dans l’histoire de cette Coupe du monde 2026 comme le lieu où la Suède a pris la première place du groupe F. Pour la Tunisie, ce sera le lieu où tout a basculé, ou pas. La différence, elle se jouera dans les jours qui viennent, pas dans les buts déjà encaissés.